Final Fantasy VII, toujours d’actualité après plus de 10 ans

Final Fantasy – On ne présente plus vraiment le studio Square-Enix aujourd’hui et encore moins la célèbre saga Final Fantasy créée à  la fin des années 80. Si Squaresoft comme Enix étaient des cadors du jeu de rôle il y a bientôt deux décennies, force est de constater que depuis leur fusion en 2003, les deux sociétés reines ont pas mal joué la carte de la réédition, se reposant ainsi sur leurs succès majeurs. Si nous ne rentrerons pas dans les détails pour tous les produits du groupe ici, on se concentrera en revanche sur Final Fantasy VII.

Final Fantasy : un nuage dans la tempête

Premier opus de la célèbre série à  voir le jour sur Playstation en 1997, il marque dans un premier temps les esprits car il est le premier à  bénéficier de la nouvelle technologie de l’époque : la 3D. Outre cet avancement majeur, le soft proposait un gameplay ingénieux, couplé à  un drame fataliste sur fond de SF bien dark, le tout saupoudré de séquences cinématiques exceptionnelles pour la fin des nineties.

Pourquoi FF7 est-il si différent des autres épisodes de la saga ? Après tout, Square-Enix s’entête depuis pas mal de temps maintenant à  nous ressortir l’intégralité de ses jeux en portages ou remakes plus ou moins peaufinés via Steam, sur téléphones mobiles ou encore sur les stores virtuels des consoles de salon. Si le septième volet est si particulier, c’est parce qu’outre la prouesse technologique et le choc générationnel qu’il représente, c’est le seul autour duquel un univers complet a été créé.

Final Fantasy VII : Pourquoi est-il toujours apprécié après plus de 10 ans ?

Météore sacré

Pour ceux qui seraient encore non-initiés, Final Fantasy est une saga dans laquelle chaque chapitre est indépendant. Ainsi, il est tout à  fait possible de jouer au troisième titre sans avoir touché au deux premiers ni savoir de quoi ils parlent par exemple. Bien que très rarement, il est tout de même arrivé que certains volets bénéficient d’une suite, parfois bien des années après, comme c’est le cas pour FF4 ou encore FF10.

Final Fantasy VII est d’autant plus particulier qu’il a été un jeu majeur de la PS1 et que de nombreux gamers sont aujourd’hui nostalgiques de cette époque. Fort de son penchant particulièrement marqué pour la remise en stock de titres déjà  bien poussiéreux, Square a donc suçoté la moelle de son titre phare jusqu’au bout du bout. Plus que d’une simple suite, FF7 a bénéficié d’un univers à  part entière, qui sera marqué dans un premier temps par la sortie du jeu Before Crisis en 2004 sur téléphones mobiles. Par la suite remanié pour passer sur support 3DS en 2010, le soft se place comme une préquelle aux aventures de Cloud Strife et suit ici les non moins célèbres Turks.

Et au cinéma

C’est en 2005 que sortira ensuite le film Advent Children de Tetsuya Nomura, mettant en scène nos célèbres héros 2 ans après les aventures du jeu d’origine. Une édition du long-métrage baptisée “Complete” sortira même en 2009, gratifiant les spectateurs de scènes supplémentaires inspirées d’autres jeux et de produits promotionnels liés à  la série. S’ensuit alors début 2006 la sortie de Dirge of Cerberus, shooter ovni centré sur le personnage (optionnel) de Vincent Valentine qui se déroule encore 1 an après les événements dépeints dans le film d’animation. Enfin, 2007 marquera la mise en vente du dernier produit du lot, le dénommé Crisis Core, et non des moindres, puisqu’il se centre sur le personnage emblématique de Zack.

Si l’on passera sur les divers épisodes animés ou jeux moins profonds basés sur des concepts de snowboard ou de moto, on constate donc assez vite que Final Fantasy VII est le seul titre de Square à  compter pas moins de 5 produits majeurs à  son actif. Au total, une influence s’étendant de 1997 jusqu’à  2014 si l’on compte les sorties Netflix. Outre cela, le personnage de Cloud Strife, héros du jeu d’origine, est même apparu dans plusieurs spin-offs comme FF Tactics (en 1997 et dans le remake de 2007) ou Dissidia, et c’est loin d’être fini.

Chemin vers un sourire

Mais qu’est-ce que FF7 a de plus que les autres serions-nous tentés de demander ? Eh bien plusieurs choses, dont certaines ont déjà  été abordées plus haut. Tout d’abord, il est le premier épisode de la série à  bénéficier d’une réalisation 3D sur support CD-ROM, ainsi que de séquences cinématiques. Marquant aussi le passage de la série de la Super NES de Nintendo à  la Playstation de Sony, il a été acquis par de très nombreux joueurs, d’autant plus lorsque l’on sait que la PS trône au rang de quatrième console la plus vendue de tous les temps. Enfin le dernier point qui joue en la faveur du soft, ce sont tous simplement ses personnages incroyables. Qu’il s’agisse de Cloud et de son épée aussi démesurée que sa coiffure ou de l’antagoniste Sephiroth, ahurissant de classe, on était forcément servi. Ajoutez à  ça d’autres rôles secondaires mais néanmoins très intéressants comme Aerith, Zack ou Vincent justement, et vous obtenez un cocktail idéal.

Un jeu entièrement refait en 3D

On récolte souvent ce que l’on sème, et Square ayant indécemment joué la carte du remake pendant des années, il était donc sûr qu’un jour ou l’autre, les fans demanderaient un retour de FF7 sur le devant de la scène. Après tout il ne s’agit même plus d’un simple volet de la série mais bel et bien d’une saga à  l’intérieur de la saga Y allant de bon cœur, la firme nippone avait de plus reproduit une séquence du jeu pour faire une démo technique de la puissance de la Playstation 3 en 2005. Les créations de fans affluent alors à  leur tour, qu’il s’agisse de remodéliser l’univers du jeu sur divers moteurs graphiques ou juste de le détourner comme cela a été fait avec FFVII: Re-Imagined par exemple. Square a alors d’abord commencé par presser le citron jusqu’au bout, ressortant le jeu dans sa version d’origine (avec un booster d’xp) sur PC et en dématérialisé sur console, se targuant de répondre à  toutes les interviews qu’un vrai remake du jeu serait impossible car nécessitant bien trop de travail et d’investissement.

 Le portage du jeu d’origine suffira quand même à  conserver une certaine hype et à  maintenir le titre vieux depuis bientôt vingt ans dans les esprits. Il faudra alors attendre l’E3 2015 pour voir un trailer qui annonce en surprise un vrai remake de Final Fantasy VII. Pas un portage, mais bien un nouveau jeu entièrement refait en 3D absolument magnifique, et avec un nouveau gameplay. Le tout fendu d’une jolie mise en avant de la Playstation 4 sortie depuis lors. C’est à  ce moment précis que l’on se rend compte du poids que peut avoir un seul produit, si tant est qu’il ait suffisamment triomphé et bénéficié d’une aura unique.

Dernier Paradis

Certes, Square-Enix va nous pondre un nouveau Final Fantasy VII. Si les rumeurs le voient déjà  sortir en 2017 pour fêter les 20 ans du titre d’époque, rien n’a été confirmé officiellement par la firme. S’agit-il d’une bonne chose ? Comme toujours, il y a des avantages et des inconvénients.

Parmi les avantages, difficile d’ignorer la refonte graphique bluffante ou la révision du gameplay (celui d’origine ne pouvant pas être conservé pour des raisons techniques et également parce que passé de mode). On peut aussi noter le fait que les réfractaires à  la tendance rétro auront ici moyen de découvrir un pilier du jeu vidéo entièrement refait au goût du jour, et pourront donc se délecter de l’excellent scénar’ pondu par les créateurs du jeu. Enfin, les fans de Cloud seront aux anges puisque promo oblige, le personnage sera absolument partout. Square-Enix prépare d’ailleurs un nouvel opus de Dissidia pour bornes d’arcade (qui devrait logiquement suivre sur PS4) et notre guerrier à  la tignasse blonde a déjà  été confirmé comme personnage supplémentaire ajouté au roster du dernier Super Smash Bros. Ce ne sont là  que des exemples, mais ils prouvent tout de même que le plan de com’ autour de la licence est huilé depuis un bon moment par nos amis japonais.

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Parmi les défauts, difficile de passer à  côté de deux choses majeures. La première est dommageable. Si vous êtes un fan invétéré du titre d’origine, on ne vous servira pas ici la même chose, et il est possible que vous trouviez que cela constitue une insulte pour le produit de base. A ceux-là , nous répondrons qu’il vaut mieux considérer ici qu’il s’agit d’un nouveau jeu. La seconde est paradoxalement qu’il ne s’agit cela dit pas d’un nouveau jeu à  proprement parler puisque ceux qui auront déjà  fini FF7 retrouveront à  90% quelque chose qu’ils connaissent déjà . En ce sens, Square-Enix continue donc sur sa lancée interminable de remakes plutôt que de nous sortir quelque chose de vraiment nouveau.

Quand on sait que Final Fantasy XV nous a été dévoilé à  l’origine sous le nom de Versus XIII et qu’il est en développement depuis 2006, cela commence quand même à  légèrement gonfler si l’on est un aficionado Comble de l’acharnement, ce remake sera sous format épisodique. Certes, on nous promet que chaque chapitre aura le contenu d’un jeu intégral et l’on soupçonne logiquement la possibilité d’explorer bien plus de l’univers que ce qu’il était possible sur la version PS1/PC de base. Mais on ne peut tout de même pas s’empêcher de penser que c’est une fois de plus un excellent moyen commercial de toujours nous vendre la même soupe.

Pour adeptes de FF de la première heure et néophytes

Il conviendra donc à  chacun de se faire sa propre opinion sur FF7. Que l’on soit un adepte de la première heure ou un néophyte qui embarque à  peine, force est d’admettre qu’il s’agit d’un opus extraordinaire. Comme tout ce qui a du succès, il connaît ses bons moments et ses dérives, mais a au moins le mérite de divertir nombre d’entre nous.

Reste donc à  voir ce que nous réserve le fameux remake, qui sera sans aucun doute le point d’orgue pour ce septième épisode, permettant par la même de lui faire officiellement traverser deux décennies de couverture médiatique, hype et autres clins d’œil. Licence la plus lucrative de Square ? Assurément.

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